Voler vers Buenos Aires : le long chemin vers le sud
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Buenos Aires se situe à environ 34 degrés de latitude sud, ce qui la place plus loin de l’Europe et de l’Amérique du Nord que presque toutes les autres grandes capitales. Pendant les trois premières décennies du transport aérien régulier, aucun avion de ligne ne pouvait transporter de passagers d’Argentine à Madrid ou à New York sans effectuer plusieurs escales pour se ravitailler. La ville qui s’est enrichie grâce à l’élevage bovin et céréalier était, du point de vue de l’aviation, l’un des endroits les plus difficiles d’accès au monde.
Une capitale aux confins de la carte
Buenos Aires s’étend le long du Río de la Plata, le large estuaire qui ouvre le Cône Sud sur l’Atlantique. Cette position en a fait la capitale commerciale du sud de l’Amérique du Sud, mais elle a aussi rendu difficile son raccordement au reste du monde par voie aérienne. Tout est loin. Miami est à environ 7 000 km au nord, New York à environ 8 500 km, Madrid à près de 10 000 km et Londres à près de 11 100 km.
La première solution fut le courrier. Aeroposta Argentina, fondée en 1927 comme filiale locale de la compagnie française Aéropostale, acheminait le courrier vers le sud, en Patagonie, et vers le nord, en direction du reste du continent. Antoine de Saint-Exupéry organisa et effectua ces vols entre 1929 et 1931 environ, apprenant à maîtriser les vents et l’obscurité des nuits australes, une expérience qui inspirera plus tard son roman Vol de nuit. À son ouverture en 1949, l’aéroport international Ministro Pistarini, plus connu sous le nom d’Ezeiza, figurait parmi les plus grands aéroports du monde. Aerolíneas Argentinas, la compagnie nationale, commença ses vols l’année suivante. La géographie, quant à elle, demeura inchangée. Chaque liaison intercontinentale au départ de Buenos Aires est longue, y compris la traversée moderne vers Sydney, longue de près de 11 800 km.
Comment Buenos Aires fonctionne dans SkyChart
Sur SkyChart, Buenos Aires apparaît comme un hub avec une valeur économique de 88 et un attrait touristique de 80, ce qui en fait l’un des marchés uniques les plus dynamiques de l’hémisphère sud, avec une population métropolitaine d’environ 2,2 millions d’habitants. La possibilité de desservir cette zone dépend de l’année et de votre flotte, car chaque appareil a une autonomie réelle, et c’est à Buenos Aires que ces limitations se font sentir.
L’histoire commence en 1938 avec le Bering 314 Clipper, un hydravion de 74 places doté d’une autonomie de 5 900 km. Impossible pour lui de relier Miami à Buenos Aires sans escale, ce qui explique pourquoi les véritables clippers empruntaient la côte par petits vols. En 1958, le Bering 707-120 atteint une autonomie de 9 300 km, suffisante pour relier Buenos Aires à New York, mais toujours insuffisante pour Madrid. Les vols directs entre l’Amérique du Sud et l’Europe doivent attendre l’arrivée des gros-porteurs. Le Bering 747-200 arrive en 1971 avec une autonomie de 12 700 km et une capacité de 366 passagers ; Buenos Aires devient alors une destination accessible en un seul vol, que ce soit vers Madrid ou Londres. En 2006, le Bering 777-200LR affiche une autonomie de 17 370 km, suffisante pour relier Buenos Aires à presque toutes les villes, y compris l’Australie, au long cours.
Avec 528 villes et 196 avions opéré entre 1930 et 2095, Buenos Aires est l’un des exemples les plus clairs d’adaptation de la machine à la distance.
Jouer le chemin le plus long vers le sud
Si vous souhaitez desservir Buenos Aires rapidement, considérez-la d’abord comme une plateforme régionale. Exploitez-la depuis Santiago, Montevideo, São Paulo et les villes de Patagonie autrefois empruntées par les pilotes de courrier, et capitalisez sur ce trafic local pendant que votre flotte se développe. Attendez de posséder un appareil capable d’effectuer la totalité du trajet avec une cabine pleine avant d’ouvrir les liaisons intercontinentales, car exploiter une route proche de la limite de capacité de l’appareil vous oblige à privilégier le carburant au détriment du nombre de sièges et réduit vos marges. Lorsque le 747-200 ou un appareil plus récent comme le Skybus A340-500 rejoindra votre flotte, Buenos Aires, d’un avant-poste difficile d’accès, deviendra une porte d’entrée stratégique, véritable pilier de votre réseau du Cône Sud.
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